… un  objet bien curieux ! Tout à fait fonctionnel. Avec tous ses accessoires. Un délicat mélange de bois et de métal, une mécanique parfaite. Grâce à lui, mon  Papa fut un garçon robuste, rayonnant de santé. Alors, à quoi sert cet objet ?

Réponse dans quelques jours…

 

 24 décembre 2015

Bon, il s’agit bien d’un pressoir à viande, dont on se servait pour extraire des jus de viande frais, à donner aux enfants anémiés et aux malades, afin de leur redonner tonus et vitalité ! Végétariens s’abstenir !

D’après la littérature sur le sujet, la méthode est simple : il suffit de réunir un beau steak, et… c’est tout !

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Passons à la pratique…

Premier essai : le steak entier, dans la boîte pressoir. Bon, ça offre rapidement une résistance, on continue à tourner, mais ça « bute », rapidement. A force d’insister, on obtient trois gouttes d’un jus clair… Ça doit pas êrte ça…

Second essai : on hache le steak et on recommence… C’est un peu plus concluant : deux cuillères à café d’un jus rose, visiblement le liquide sarcoplasmique. Allons au bout des choses et goûtons ! Comment dire ? Un vague goût de viande mêlé à une saveur un peu métallique. Je pense que les gamins devaient considérer la chose au même titre que l’huile de foie de morue… Quant à la grand-mère, vue l’énergie que j’ai du mettre à extraire mes deux cuillères à café, je pense qu’elle n’avait pas besoin de fortifiant…

Soyons honnête, l’appareil ne vient pas de chez ma grand-mère, mais plus prosaïquement du magasin « La récréation », antiquité/salon de thé à Thiviers, rue Latour. A des prix très raisonnables, plein de petites trouvailles, objets intrigants…


Trois à cinq ans. L’âge terrible au restaurant. Celui où tout est possible. Du gamin qui hurle à celui qui s’endort, ou décide que c’est l’heure de courir dans la salle, renverser son assiette, casser un verre… Ça, c’est pour l’ambiance… Mais on vient au restaurant pour manger. A priori. Sauf quand le lardon en décide autrement. Déjà, ça commence au menu. On fait le choix de bien présenter à la nichée, en termes accessibles, les vertus du homard au beurre blanc, les charmes du gratin de patates douces et la délicatesse du saumon gravelax, très légèrement fumé au bois de hêtre. Le petit Nicolas, quatre ans, vous regarde avec des yeux comme des soucoupes, on voit danser dans ses prunelles la promesse des festins à venir, et donc on décide de lui faire l’honneur de passer commande en premier, misant sur l’effet d’entraînement sur ses petits frères…
– Alors mon bonhomme, qu’est-ce qui te ferait plaisir ?
On sent l’intense réflexion dans son sourcil froncé…
– des nouilles !
Ça calme…

Table suivante, Matthieu, cinq ans, est un peu boudeur… Évitons de l’énerver et soyons pédagogues..
– En entrée, je vous propose aujourd’hui un œuf légèrement cuit, posé sur un pain grillé, le tout accompagné d’une sauce au vin rouge et lardon…
– Ben, un œuf meurette, quoi ?
– Euh, oui…

A la table six, le serveur arrive, à la main l’assiette du gamin, un trois ans et demi accompagné des parents et grands-parents maternels. Personne n’a encore vu le contenu, trop haut pour le regard, que s’élève déjà le chœur antique : « Ooooohhhh, ça à l’air bon !!!! ». C’est le marketing familial, universel : éviter le commentaire premier définitif du mioche : « J’aime pas ça !!! ». Ça n’évite rien, d’ailleurs, et pour être honnête, je ne crois pas que ça ait jamais marché, j’ai même plutôt tendance à croire que ça renforce la vigilance du gamin qui me soupçonne visiblement de tentative d’empoisonnement à son égard…

Bon, la table sept suit son programme. Ils ont épuisé les « Mais enfin, tu en manges à la maison ! », « Tu peux pas dire que t’aimes pas ça puisque t’as pas goûté ! », « Regarde ta sœur, elle a presque fini ! » et autres grands classiques. Ils en sont réduits aux mesures coercitives. Le très incontournable « Tu n’auras pas de dessert si tu ne finis pas ! », qui va se conclure par le très sage « C’est bien la dernière fois qu’on t’emmène au restaurant ! », avant que Monsieur se saisisse du plat délaissé qu’il engloutit, unique par dévouement et éviter au fiston d’avoir honte…

Mais quoi de plus triste qu’un restaurant sans enfant ?