Pourquoi ne pas dîner à Brantôme ? Il y a le resto lancé par mon ami Fred, autant de talent que de mauvais caractère. Bon, Fred est parti, mais les successeurs sont sans doute à la hauteur. 20 h 45, on est quatre. Réception gênée. « Je vais voir en cuisine ». Je vois venir. Je ne suis pas déçu ! « Désolé, mais les fourneaux sont éteints, on ne peut pas vous faire à manger ! ».

C’est ça. Bien sûr. L’inénarrable coup du fourneau éteint. A classer avec l’excuse en bois du CP « Mon petit frère a renversé l’encrier sur le cahier de texte ! »… Je ne sais pas qui tu es, toi le cuisinier remplaçant, et j’ai plus envie de le savoir. Parce que pour n’avoir comme seule excuse que l’extinction de son fourneau, faut pas trop d’amour propre ! Si tu veux, je peux t’apprendre à l’allumer, ton fourneau. Ça prend cinq secondes si t’as de l’arthrose articulaire en stade terminal. Si t’as pas envie de bosser, tu as plein d’excuses intelligentes :

– « J’ai gagné tellement de pognon ce midi que ce soir, j’ai décidé de pas bosser. »

– « J’ai rendez-vous dans une heure avec la coiffeuse à forte poitrine de la rue Galliéni. »

– « Je viens de finir de nettoyer et ça m’emmerde de recommencer dans deux heures. »

… toutes choses qu’on est parfaitement capables de comprendre…

Mais, s’il te plaît, le coup du fourneau éteint, arrête, ça fait pitié.